Image du monde
Compétitivité! (dit le quatrième).
Pauvres de nous.
Quel saut (longueur, hauteur, haies?) entre combat et compétition*?
Nous n'avons même pas à faire l'amalgame : il se fait ici partout tous les jours - tout seul, voudrait-on qu'on pense.
* Colette Magny n'a plus la parole - si tant est qu'on la lui ait jamais beaucoup laissée.
Quand la science infuse...
Post-scriptum: Je n'avais pas cherché!
Trouvé sur le net: Les "pouvoirs miraculeux" de la radio-activité
et une très intéressante histoire de Tho-Radia sur Persée, "portail de revues en sciences humaines et sociales"
Reste quand même à savoir (il me semble) ce qu'il en a été des effets, s'ils ont été observés et rendus publics.
C'est un mensonge!
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Ne croyez pas tout ce qui s'affiche sur vos écrans.
Ils utilisent votre nom pour leur propre compte, grossissent comme un cancer.
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Graffiti
Vous avez dit vivants?

Les jardins publics nous avaient habitués aux pancartes plantées au pied de tel ou tel arbre et qui nous donnaient son nom latin ou nous renseignaient sur son origine. Il suffisait de lever les yeux pour le regarder une deuxième fois. Celles plantées ici sont d'une autre nature – façon de parler. Bardées de métal, vitrées ou plastifiées, raccordées à des câbles électriques et même surmontées d'appendices en forme d'antennes, elles sont tout sauf naturelles. Pire, elles envahissent les allées et divertissent le regard. Regardez ici! Voyez comme la coccinelle est belle! Mon œil! Il y a belle lurette que les plantations urbaines n'attirent plus les papillons ni aucun autre invertébré. Autos mobiles et insecticides, macadam et panneaux publicitaires, les parterres au carré craignent même la terre. On leur apporte leur terreau calculé et leur eau en citerne, on recouvre le sol de plastique ou d'écorces stériles. Regardez les images. Soyez sages vous aurez un bon point.
C'est la deuxième année que les gens d'ici ont ainsi droit à une exposition environnementale soi-disant écologique et soi-disant gratuite, alors qu'elle a été sauf erreur bel et bien payée avec les impôts locaux. Un fournisseur a trouvé là le bon filon. Ailleurs en ville les murs aussi ont des images. Comment boucher les trous des usines qui se sont fait la malle, des prisunics et autres monoprix trop luxueux pour la clientèle indigène, et d'autant plus qu'elle a déjà été mise en coupe réglée par d'autres grandes enseignes plus populaires? Entendons : moins de produits véritablement durables et plus de plastique supposé jetable, alors qu'il durera des siècles dans les terres et les eaux – l'essentiel étant qu'il le paraisse et permette le renouvellement.... De grandes bâches peintes feront l'affaire et la fête foraine peut continuer à battre chaque année son plein, comme si de rien n'était. Les bourgeois ont, dit-on, apporté les clés.
Télévisions
J'ai commencé il y a quelques jours la lecture d'un livre acheté il y a deux ans, après en avoir entendu dire du bien par quelqu'un qui le lisait. Ce qui n'est pas pour moi une raison suffisante : l'image de sa couverture allait entrer dans une de mes collections d'images, malgré son manque d'ancienneté - le thème m'intéresse surtout jusqu'aux années soixante-dix. Si je sais la date de son achat, c'est que j'y avais laissé le ticket de caisse et que j'ai été amené à le lire alors qu'il ne me servait que de marque-page. En effet, avant-hier au soir, croyant à tort qu'il avait été déplacé, j'ai constaté, arrivé au milieu de l'ouvrage, que je retrouvai là des pages déjà lues, suite à une erreur de fabrication : elles avaient été brochées en double à la place de celles de la fin. Hier au furet, on m'a d'abord dit que les échanges ne se faisaient que dans les dix jours suivant l'achat, puis on a quand même accepté de le remplacer. Le prix n'avait pas changé.
Curieusement, hier soir, j'ai terminé ce livre en sautant des mots et même des passages, ce que je fais rarement. Est-ce le fait que l'incident avait ainsi été réglé, je ne crois pas. Depuis le début je me forçais à lire quelque chose qui me captait sans me plaire. Et quand même arrivé à la fin, il était évident qu'il ne pouvait pas rejoindre les livres que je garde – du moins pour leur texte. Car je me suis alors rappelé qu'il allait pouvoir intégrer une de mes collections, que je constitue selon un critère arbitraire où mes goûts n'interviennent qu'accessoirement. En l'occurrence il s'agit d'une démarche comparable à celle du narrateur de ce livre : je rassemble des images imprimées du téléviseur ou de son écran, sans aucune nostalgie d'un contenu que je n'ai d'ailleurs que très peu connu aux époques choisies. Avec sans doute le plaisir un peu sadique de voir et d'avoir la machine bavarde réduite au silence. Et pour une fois c'est aussi un livre qu'en quelque sorte j'éteins.
II
Réveillé comme d'habitude aux petites heures du jour, j'ai allumé machinalement le robinet lumineux, puis comme souvent l'ai éteint après n'avoir rien trouvé qui vaille la peine puis imitant encore le personnage du livre pris le télérama, non pas pour m'informer sur les programmes, mais parce que cela fait des années que je le lis sans réfléchir comme un périodique quelconque, indépendamment de son objectif télé. Or voilà qu'il me semble plus lourd qu'à l'ordinaire – je dois dire que depuis un moment je le feuillette de plus en plus distraitement – et que tournant les pages une à une je me mets à considérer avec effroi un objet qui me dérange. Je réalise que pour y lire une page je suis pratiquement obligé d'en supporter une autre, à savoir publicitaire, mais d'autant plus insupportable qu'elle ressemble à celle que je lis : mêmes procédés graphiques, mises en page en harmonie. Exactement comme si je m'apprêtais à ramasser dans un bois une feuille d'arbre ou de plante et que je m'apercevais tout à coup que la feuille à côté est en fait un insecte qui la mime et s'apprête à m'attaquer. Fini le temps des périodiques qui cantonnaient les réclames au début et à la fin, si bien qu'on pouvait plus ou moins les sauter. Je ne me réabonnerai plus.
C'est comme ici. Vous avez bloqué les fenêtres intempestives? Qu'à cela ne tienne. La bouillie immonde remonte de partout, ça gargouille et clignote, ça vous met des petits mots et ça vous crache à la figure, ça vous tutoie et ça se moque. Les ordinateurs démultiplient la puissance de nuisance, sans qu'elle abandonne pour autant les autres supports.
Je ne crois pas que la publicité illimitée nous apporte quoi que ce soit de bon. C'est une sorte de cancer.
Je répondrai à vos silences, dit-il
Mon projet d'art postal Silence implique que je réponde à chaque contributeur par une réponse selon les mêmes règles que l'envoi souhaité, ou sur un thème au choix. L'exercice est plus ou moins facile, plus ou moins excitant et produit des surprises.
Ayant annoncé que je rompais avec la convention selon laquelle on accepte tout, je n'ai pas eu à mettre à la corbeille beaucoup d'envois reçus. A ceux et celles qui m'envoient de bonne foi autre chose que ce que je souhaite j'envoie un courrier postal - 'snailmail' disent les artistes postaux pour le distinguer du courrier électronique - pour le leur rappeler.
Reste tous les autres et j'essaie de leur répondre vraiment par ce qui est pour moi du mail-art. L'art posté en serait le degré zéro, ce qui ne veut pas dire nul : un dessin, une photo, une peinture, création, copie ou recyclage, avec ou sans rapport avec ce qu'on suppose être le thème, j'essaie de m'accorder à l'énergie ou à la recherche de l'expéditeur. Ensuite vient ce qui m'intéresse, c'est à dire toutes les inventions possibles, et du même coup le plaisir et la difficulté.
Un cas en particulier m'a posé un problème différent. Envoyées une par une, une série de cartes avec des dessins traitant explicitement le sujet de la parole muselée ou contrariée, le thème du masque et du bâillon. Le problème : des dessins travaillés, mais envoyés sous forme de photocopies ou impressions numériques déchirées, collées de façon à mimer des croquis réels.
Je fais peut-être erreur, mais il me semble que beaucoup de gens qui font de l'art, soient ne veulent pas le galvauder dans ce loisir de ménagères, c'est leur droit, et ils n'y participent pas, soient considèrent l'art postal comme un moyen publicitaire supplémentaire, pourquoi pas, c'est de bonne guerre, mais certains rechignent à jeter leurs originaux au péril de cette dévalorisation éhontée.
Il fallait en faire autant. Surmonter ta flemme et les questions qui la sustentent : pourquoi dessiner quand tu n'arrives par ce moyen qu'à faire de la reproduction photographique, sans rien qui risque d'être considéré comme artistique aujourd'hui, pourquoi représenter encore de préférence de jeunes et jolies femmes quand tu es vieux et que tes désirs n'ont jamais fait qu'empoisonner ta vie?
Tu reprends une pile de vieilles revues de cinéma, cherches des visages qui à la fois te plaisent et sont visiblement silencieux, des visages de créatures qui ne sont probablement plus de ce monde. Tu te remets à dessiner. Tu n'emploies même plus la méthode des petits carreaux, tu effectues des passages. Tu vas intituler tes cartes réponses "Le silence des stars".
Le passage à la boutique de photocopie va te surprendre : les reproductions laser ont plus d'allure et de punch que tes originaux. Question de réglage du contraste, mais quand même : tu les trouves pas mal - trop bien diraient les jeunes - les cartes postales que tu envoies! Ci-dessous le premier dessin de la série et sa copie laser, ou du moins ce qu'en donne ton scanner médiocre.


Ann Sheridan d'après photo Donald B. Keyes in Mon Film n°132 du 2 mars 1949
La fin du travail?
Collage : photo de propagande économique et publicité - anciennes. Envoyé comme carte postale en réponse à une contribution à mon projet Silence.
Vous serez belle...
... éternellement :De l'esquive
Il lui arrive souvent de se trouver toute une série de tâches qui repoussent à plus tard, autant dire à jamais, le projet essentiel.
Cependant, il lui arrive d’oublier ce dernier, et alors parfois de l’introduire par mégarde dans l’emploi du temps tampon.
D’autres fois il se trompe exprès.
Une rivière dans la ville
entre passé... vitesse obligatoire pandémie automobile cancérigènes rentables béton des pauvres croissance des portefeuilles bon marché soi disant camions jour et nuit avions voleurs abonnements en embuscades promotions mon œil hyper je m'y perds arnaque du téléphone terrorisme en petites lettres additifs et émanations économie intégriste pesticides à retardement objectif lune ...coule une rivière: | et avenir... temps de rire transports en commun séduisants principe de précaution vêtements durables rémunération du travail manuel limitation du produit financier parkings à vélos gardés voies fluviales et ferrées coopération prix nets droit de répondre aux réclames service communautaire emballages taxés eau et air pur à volonté commerce humain recherches en douceur respect des sources à Verviers c'est la Vesdre |
Bruno Colet pour l'association Vesdre Avenir à Verviers
(Belgique = Europe = Terre = chez nous)
Faut pas rêver
Cette nuit donc, à la télévision, c’était du cinéma, et donc comme expliqué ci-dessus, une image, une séquence qui me dit Regarde. C’était une jolie fille passant un casting et une image en noir et blanc et c’était magique sans qu’on sache démêler d’où cela venait : de l’actrice ou du réalisateur, de l’image ou des mots. C’était 15 ans c’est court, un programme de courts-métrages et j’en ai regardé cinq à la suite : Émilie Muller, Les Méduses, Hammam, Le Masseur et Mes fiançailles avec Hilda. J’ai arrêté parce que j’avais retrouvé mon envie de dormir mais ce que j’avais vu avait suffi pour m'éblouir. Comme à chaque fois dans ces cas-là, je m’interroge, façon de parler. Ces films n’ont rien de difficile ou de rébarbatif, il y en a même deux d’un comique extraordinaire. Pourquoi passent-ils à deux heures du matin ? Pourquoi pas dans la journée ou en soirée, avant une émission plus longue ? Ou encore mieux pourquoi ne pas les programmer pour eux-mêmes à une heure décente sans autre étiquette que leur durée en minutes comme on fait pour les films ordinaires ? Remontant me coucher, je me disais que ça ne me plaisait pas de devoir les regarder comme ça.
A mon chevet, la pile de livres que j’ai envie de lire venait juste de subir un de ces remaniements périodiques rendus nécessaires par le maintien de l’espace vital et un livre qui avait disparu sous les autres est revenu à la surface : Les nouveaux chiens de garde, de Serge Halimi (Liber-Raisons d’agir, 1997). L’auteur y documente minutieusement la collusion entre les journalistes importants, les hommes politiques et les grands groupes financiers qui possèdent les médias.
Quel rapport avec ce que je viens d’écrire ? Rien ou peu de vraiment logique. Si le rapprochement me paraissait dès le départ évident, cela vient peut-être de ma pratique du collage dans le champ visuel. L’amalgame n’y est pas à craindre. Mais à bien y regarder, la télévision est la charnière du présent message : les bonnes places y sont gardées*.
*Voir page 74 le temps accordé aux grévistes dans une émission sur la grève de 1995
Les grandes muettes
éduca nationale
ell’ m’a pas répondu
j’ai posé 1 question
à madame la poste
ell’ ya pas répondu
j’ai envoyé 1 lettre
à maison monoprix
demandé 1 service
à mad’moiselle orange
pis fait 1 vœu en l’air
j’ai pas eu 2 réponses
mêm' pas 1 mot de L
Enrichissement et restrictions

libéral : Qui ne rencontre pas ou qui ne s'impose pas de contraintes, de limites.
(Trésor de la Langue Française informatisé)
Carte d'Éric Bensidon, librement complétée












