Pour le projet "Spleen" de DEB
Pour le projet de Maxi BoydTout d’un coup pas vraiment : tu l’as vue venir la faille, la chute inévitable, le sol se dérobant sous toi. Tu quittes en plein soleil ce que tu avais encore une fois imaginé être ta trajectoire, ton voyage tant de fois remis enfin le vent en poupe, enfin l’oubli de tes attaches, du boulet aux chevilles, du ciel bleu barré. Ton hologramme lumineux de toute façon éteint, tu te sens à nouveau honteux et ridicule auteur et spectateur de tes débâcles rédhibitoires, et dans le film qui continue tu vois l’autre doublure volage te trahir sans scrupules.
Au loin la fête et ses plaisirs, loin la musique et les parfums, adieu amours et communions, tu te raccroches à l’emploi du temps jusqu’au prochain accroc, tu t’avoues tes bassesses : tu les espères ces déchirures, ces leurres placés comme au hasard pour abuser le chien que tu détestes, cette âme tapie indécollable qu’aucune leçon ne raisonnera jamais, prête toujours à en découdre, à te laisser comme transparent cent et une fois défait refait.
Comme un ivrogne attend le verre qui précipite sa déconfiture, tu attends les mirages et les apparitions, les guérisons miraculeuses et l’humour noir du papillon célèbre. Tu serres les dents et te cramponnes à la rugosité du jour. Ton chameau têtu traverse des déserts glacés, ton radeau oublieux te transporte secoué de Charybde en Scylla. Tu retiens ta haine et prends des médicaments pour faire passer le mal au cœur.
Surgie du mur ou de la foule, des Amériques ou d’à côté, née des présences ou simulacre, la vierge de Lourdes réapparaît ainsi : tout d’un coup pas vraiment. Tu y crois à ce point que tu lui fais signe de la main et qu’elle y répond. Dans une autre occurrence, quelques heures plus tôt ailleurs c’est elle qui commence. Tu te dis que tu n’en auras jamais fini. Que tu te voies ici tirer du vide ces objets kitsch made in China ne te tire pas d’affaire.

Ceci est un exemple de ce que les mail artists appellent "Add and return" ou Add and pass", en français "Ajoutez et renvoyez" ou "faites passer". Le principe est simple : avec ou sans thème on ajoute quelque chose sur un document qui a été initialisé par quelqu'un, qu'on connaît ou non, peu importe, puis on en fait une copie, ou non, et on transmet le document modifié à qui on veut.
Réalisez un message couleur dans un rectangle de 3 sur 1 horizontal (exemples : 3 pouces sur 1 pouce ; 6 sur 2 ; 15 cm sur 5 cm…) Texte et ou images/photos/dessins/collages/scans/calculs, c’est comme vous voulez, pourvu que le fichier final soit au format jpeg (extension ‘.jpg’). Les autres proportions ou formats ne seront pas acceptés. Envoyez-le en pièce jointe (évitez les fichiers trop lourds) avec un message e-mail à l’adresse etantdonne12 arobase hotmail point fr Cela suppose que vous acceptiez ce qui suit (exemple là): - les envois seront publiés sur jnp &, par paires, dans leur ordre d’arrivée ; - le titre du message blog sera « a & b » : a = nom ou pseudo de l’auteur du 1er message, b = nom ou pseudo de l’auteur du suivant. Il n’est pas nécessaire que l’image elle-même comporte ce nom ou cette signature mais il faudra obligatoirement l’indiquer dans le message e-mail. Cela implique l’utilisation de lettres ou symboles pouvant être tapés au clavier. Vous pouvez y ajouter des informations personnelles que vous voudriez voir publiées sous les images, comme une adresse de site, de blog, ou postale, ou l’annonce d’un projet, d’une exposition ou d’une publication. En ce qui concerne les adresses e-mail, elles ne seront pas publiées ni transmises à des tiers. Cette invitation peut être copiée collée à condition de ne pas être modifiée ou tronquée. Ne rétablissez pas les symboles « arobase » et « point » sauf pour envoyer votre contribution. Ou mieux indiquez simplement son titre et l’adresse de ce blog : Étant donné 1 2: arts et lettres en jpg - De Spookrijder Date-limite : 28 février 2007. Pas de documentation papier. N’envoyez pas 2 fichiers jpg à la fois ni 2 dans la même quinzaine. Ne les envoyez pas à mon adresse habituelle. Mais n’hésitez pas à m’y envoyer questions ou commentaires.
Aboutissement : ici

Art postal : Acrylique recyclée
Liberté, égalité, fraternité : est-ce toujours la devise de la République Française? Ou faut-il que je me demande si le Nord-Pas-de-Calais en fait toujours partie? Ou y a-t-il des interférences entre liberté et libéralisme?
Art postal
Première semaine de juillet dernier :
Give me a sign! Geef me een teken! Faites-moi signe!

[…] « Quelque chose attira mon attention : juste au pied du mur, sur l’herbe rase, un certain nombre de petits silex étaient disposés de manière à former un dessin ; quelque chose comme ceci. » Vaughan prit un crayon et une feuille de papier sur laquelle il traça quelques traits. « Vous voyez, continua-il, il y avait, je crois, douze petite pierres alignées et régulièrement espacées, comme je l’ai dessiné sur cette feuille de papier. C’étaient des cailloux pointus, dont les extrémités étaient orientées dans la même direction. - Oui, dit Dyson, sans manifester un grand intérêt, il s’agit certainement des enfants dont vous avez parlé ; ils ont dû s’amuser en sortant de l’école. Comme vous le savez, les enfants aiment beaucoup composer ce genre de motifs avec des coquilles d’huîtres, des cailloux, des fleurs ou tout ce qui leur tombe sous la main. - C’est bien ce que j’ai pensé ; j’ai simplement remarqué que les silex étaient disposés de façon à former une sorte de dessin et j’ai continué mon chemin. Mais le lendemain matin, alors que je faisais le même tour – ce qui est, en fait, mon habitude -, j’ai vu au même endroit une autre figure tracée avec des silex. Cette fois-ci, le motif en était vraiment curieux ; on aurait dit les rayons d’une roue, partant tous d’un même centre ; et ce centre avait une forme qui ressemblait à un bol ; le tout, vous comprenez, fait avec des silex. - Vous avez raison, Dyson, cela semble assez curieux. Il y a toutefois de fortes chances pour que votre demi-douzaine d’écoliers portent la responsabilité de ces fantaisies en pierres. - Eh bien, je pensais pouvoir régler aisément cette petite énigme. Les enfants passent devant la grille tous les après-midi vers cinq heures et demie ; j’y suis donc allé ce même jour vers six heures et j’ai trouvé la figure exactement telle que je l’avais laissée le matin. Le lendemain matin, j’étais sur place dès sept heures moins le quart et je trouvais le motif complètement changé. Une pyramide en silex se détachait sur l’herbe. Je vis les enfants arriver environ une heure et demie plus tard ; ils dépassèrent l’endroit en courant, sans regarder à droite ni à gauche. Le soir, je les observai lorsqu’ils repassèrent devant la grille, et ce matin, vers six heures, il y avait une sorte de demi-lune qui m’attendait au même endroit. - La série se présente donc ainsi : d’abord des lignes régulières, puis des rayons autour d’un bol, puis la pyramide et, enfin, ce matin la demi-lune. C’est le bon ordre, n’est-ce pas ? - Oui, c’est cela ; mais savez vous que cela m’a fait une drôle d’impression ? je pense que je vais vous paraître absurde, mais je ne peux m’empêcher de penser que des sortes de signaux se font sous mon nez, et cette idée est troublante. […] » (p. 23 à 25)
« […] Qui ferait des signaux, et à qui ? » (p.26)
« […] Je dois dire que tout cela me semble fort intéressant, répliqua Dyson. Continuons. Qu’en est-il des autres formes ? De l’Armée, comme nous pourrions appeler le premier signe, et du Croissant ou de la Demi-Lune ? » (p.27)
Arthur Machen : La pyramide de feu. Retz – Franco Maria Ricci 1978, La Bibliothèque de Babel, collection de littérature fantastique dirigée par Jorge Luis Borges The Shining Pyramid a été traduite par Francine Achaz
J'avais fini hier soir de lire cette nouvelle. J'ai eu envie aujourd'hui d'en citer un court extrait comportant le mot "signe". Je pensais le trouver à un endroit donné mais en fait n’avais absolument pas remarqué la série de mots utilisés par la traductrice avant d’arriver à l’occurrence du terme qui m’intéressait. Je serais curieux de voir les mots correspondants dans le texte anglais.
(dessin – figure – motif – fantaisie – signal – forme – signe, et plus loin (p.57) : symbole)
Faites-moi signe ! Date limite : 15 septembre 2006 jnp &
C’est été comme hiver comme un bloc de coton
Comme un glacier d’enfer débarqué d’Acadie
Où les bruits assourdis n’ont pas plus de couleur
Que le papier hideux des rêves difficiles
Là les livres se taisent sans avoir parlé
Et un homme en retard balbutie ABC
Au carré transparent de la mentale épave
Chute chut cerf-volant Dieu n’est pas isocèle
C’est l’été c’est l’hiver c’est le terrier igloo
Aglagla sue à gouttes le cheval fardé
C’est les terres les sables c’est que le bât blesse
Encore un dit ravi le bison solitaire
Cette impression d’écrit a comme un goût d’Afrique
Mais on soupe longtemps de l’amourette à l’eau
Jean-Noël Potte