De l'esquive

Il lui arrive souvent de se trouver toute une série de tâches qui repoussent à plus tard, autant dire à jamais, le projet essentiel.
Cependant, il lui arrive d’oublier ce dernier, et alors parfois de l’introduire par mégarde dans l’emploi du temps tampon.
D’autres fois il se trompe exprès.

Diptyque

Publicités tirées des numéros de L'Illustration
du 22 octobre 1938 et du 8 octobre 1932

Traitement numérique PaintShopPro

Mélange des langues

Hier soir à Dunkerque, repas de l'association Blootland.
Moments magiques entre autres: un joueur d'harmonica dont je ne connais pas encore le nom, Edmonde Vanhille et Joël Devos chantant Jacques Brel ou des titres du cd
Op ze vlaams, et très impressionnant, Jacques Yvart interprétant Brassens en esperanto, Pauvre Martin devenant Povra Marteno.
Et dire que je ne comprends ni l'esperanto, ni le flamand, ni la musique...

Là-bas

Cire perdue

Il existait de la cire en boîte, qu’on pouvait acheter dans la moindre droguerie. Ce n’était pas un produit naturel et la cire d’abeille annoncée était sûrement plus publicitaire que présente. N’empêche, elle permettait un certain travail et sentait bon. Il en existait plusieurs marques mais le soi-disant monde meilleur a réduit les offres et imposé son choix intéressé. Les boîtes rondes ont pratiquement disparu.

Malgré tout, jusqu’il y a deux ou trois ans, la marque J. proposait un produit liquide un peu épais vendu en boîtes verticales qui permettait d’arriver au même résultat que cette cire traditionnelle, et qui surtout avait la même odeur agréable. Chimique ou pas, on pouvait l’employer sur le plancher d’une chambre et y dormir le soir sans en être incommodé.

Cela dit, on n’est pas des maniaques du ménage et c’est à l’occasion de réaménagement des pièces que ce genre d’envie nous prend. L’année dernière, un chéneau qui a débordé a causé une inondation dans une des deux chambres et il a fallu la repeindre. Ce travail fini, la pièce encore vide de ses meubles, en cirer le plancher paraissait évident.

La plupart des drogueries ayant ici fermé leurs portes, on a acheté une boîte au supermarché, sans même en regarder la marque : elle avait la forme et la couleur orange de celle qu’on avait souvent achetée au cous des années. C’est au moment de l’utiliser qu’on a été surpris. Au lieu de l’agent orange attendu, un liquide laiteux bizarre - pourquoi cette couleur sur la boîte, sinon pour nous induire en erreur ? Il y avait aussi le symbole produit dangereux, les précautions à prendre, aérer la pièce, etc. On l’a essayé quand même. L’odeur n’avait rien à voir avec celle de la cire qu’on connaissait depuis cinquante ans. Une odeur de poison. Qui a duré des jours et des jours, et au point qu’on a eu envie de tout enlever.

Ce produit était de la marque O-C. On est allé voir dans deux hypermarchés, dans une grande surface de bricolage, puis dans la dernière droguerie de la ville. Surprise : partout des produits d’une seule et unique autre marque S. Et si cette fois-ci on a bien lu avant d’acheter, les indications des boîtes n’annonçaient rien de bon : c’est en désespoir de cause qu’on s’est laissé dire par la vieille droguiste survivante, désormais approvisionnée aux canalisations totalitaires… Allez donc faire confiance aux vieilles gens. La cire S. a été aussi désastreuse que l’autre. Son odeur empoisonnée persistant au bout de trois semaines, on a une nouvelle fois déciré, si on peut dire, le bois. C’était il y a une semaine. Si on ferme la chambre une journée et qu’on y rentre, on sent encore des traces nocives.

La maison J. existe toujours. Elle nous a dit qu’elle ne fabrique plus la cire liquide qui nous semblait vivable. Elle n’a pas dit pourquoi. Dans l’autre magasin de bricolage de l’agglomération, on a quand même trouvé, on est têtu, de la cire d’un autre fabricant. Le bouchon simple la laisse voir et sentir. La couleur et l’odeur rappellent un peu le produit perdu. Mais on sait qu’on peut s’attendre à tout.