Y a-t-il des journalistes...

… qui peuvent parler dans les grands médias ?

Voici des mois qu’ils relaient les lamentations ambiantes sur l’augmentation des prix du pétrole. Ah ils ne sont pas à première vue partiaux : on comprend bien qu’il y a d’un côté les grands méchants pétroliers et de l’autre les malheureux pêcheurs / camionneurs / agriculteurs motorisés. D’un côté la fatalité de l’ordre économique et financier, de l’autre celle des chauffeurs opprimés. Voici même qu’on laisse entendre comme des airs de révolution à l’échelle européenne ou mondiale : unissons-nous pour rouler plus à meilleur marché. Sans réfléchir le moins du monde. Sans jamais commenter de façon personnelle les nouvelles du jour. Ou bien les professionnels n’ont-ils justement pas le droit d’y ajouter un mot?

Car il suffirait parfois, au lieu de rapporter successivement deux informations, comme des pièces immuables du jeu d’échec admis, de les mettre en rapport. Exemple : la question se pose d’accepter ou non les poulets chlorés américains. On laisse certes parler des experts qui disent que l’eau de Javel ne garantit même pas une sécurité supérieure à celle apportée par les traitements qui se font ici. Mais personne pour remarquer l’aberration évidente qu’il y a, surtout au prix que coûte le carburant, de faire traverser l’Atlantique à des volatiles blanchis. Qu’on veuille transporter des bananes ou des ananas peut à la rigueur se comprendre, mais des produits existant ici non.

Autre exemple à la télévision belge. Une projection laisse apparaître que dans quelques années les autoroutes remplies de camions n’offriront plus d’autre perspective que celle d’un embouteillage ininterrompu. Aucun commentaire sur le fond. Il est bien connu que les alternatives genre voie ferrée ou fluviale sont des utopies qui ne font rêver que les idéalistes intellos. Or, une autre information nous apprend que De Lijn, la compagnie flamande de transport en commun est dépassée par son succès : les bus sont bondés. Si quelqu’un le voulait, il y aurait moyen de réduire les coûts en regroupant les marchandises, et, qui sait?, de revenir à un commerce plus local et moins déconnecté des besoins humains. De réfléchir à ce qui mérite de circuler.

Alors qu’une précédente crise avait amené la question des économies d’énergie, il y a cette fois-ci comme un silence assourdissant autour de ce qui serait l’occasion de remettre en question notre façon de vivre, de trop transporter : comme si ceux qui ont intérêt à ce que l’illogique perdure étaient bien contents d’entendre ainsi le petit peuple venir défendre leurs coffres-forts. Ceci n’est bien sûr qu’une vision naïve et athée.

gazole

(gymnastique matinale)

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Miaou

Ce matin un petit miaulement quelque part derrière. Non ! Pas encore ! C’est à peine si j’arrive à me déplacer entre les caisses et les cartons empilés dans l’espace restreint de l’abri misérable. D’abord il a fallu user de ruse pour obtenir que personne ne pose de livres où il y a des fuites, c’est-à-dire le long des murs sud et nord qui dégoulinent quand il pleut, et à deux autres endroits en plein milieu : obstruer le passage et poser des cuvettes. Sinon c’en est fini des ouvrages un peu plus beaux qu’on garde pour les ventes exceptionnelles organisées deux fois par an. À côté de ça il faut aussi garder les cartons vides – il y en a qui les jettent à la benne pour ensuite venir m’en demander - et stocker tous les livres ordinaires qu’on ne peut pas mettre en vente faute de place. Au début je gardais tout mais ce n’est plus possible, à moins de jeter ce qui arrive. Il a fallu faire un choix et j’en suis venu à jeter directement les Sélections du Reader’s Digest et les France Loisirs sans jaquette ou un peu abîmés : des caisses entières à 2 euros sont restées invendues au bout de plusieurs semaines. Pareil pour les livres un peu défectueux dont on a fait un temps cadeau aux acheteurs d’autres livres : plus la place et pas le temps. Malgré cela, la réserve ne désemplit pas. Les choses arrivent sans arrêt, trop plein de la grande distribution, de la vente par correspondance, rebut des successions, restes des brocantes, envers hallucinant de la consommation de masse et traces matérialisées du passage humain. Peu ici aiment vraiment trier. Moi oui… mais j’oublie le miaou.

Pas la première fois qu’une chatte choisit cet endroit tranquille et d’accès difficile. Quand le local est fermé, il n’y a qu’un petit espace sous les tôles du toit, juste au dessous d’une pile de cartons qui leur sert d’escalier, si tant est que les félins en ont besoin. La dernière fois c’est J. qui avait repéré la naissance et qui avait pris la portée sous sa protection ; ce qui ne fut pas une petite affaire, la mère s’étant fait écraser quelques jours plus tard sur la route en face. J. qui avait d’abord protégé les chatons en ne divulguant pas leur existence a réussi à les élever. Les caisses de livres ont plus ou moins caché pendant un mois la litière et les aliments.

Cette fois-ci l’unique miaulement a suffi à m’alerter. Il y a bien eu récemment ce grand chat roux adulte qui bouleversait les cartons et appelait en jouant les timides pour se faire caresser, mais là ce n’est pas lui : c’est un chaton qui a miaulé. Je réalise que même s’ils ne sont pas coincés ça va finir par faire des saletés derrière. Je commence à déplacer les choses mais je me rends compte que je ne m’en sortirais pas en cinq minutes. Je décide de revenir cet après-midi et en parle en partant à A. qui répare les machines à laver dans le hangar voisin, et aussi à P. à qui je rends les clés. Je lui dis que je vais faire en sorte qu’on puisse les atteindre. Il me dit qu’il s’en occupera la semaine prochaine.

De retour à deux heures, c’est aussi l’occasion aussi de remettre de l’ordre dans le capharnaüm que recrée sans cesse le travail dans l’urgence. Je commence à déplacer les cartons déjà poussiéreux qui isolent les caisses du mur humide, quand j’entends gratter, sans arriver à localiser où. Je continue à dégager l’espace quand voilà un chat, ou plutôt une chatte, noire et blanche, qui se sauve. Car je ne dois pas m’être suis pas trompé : les grattements continuent. Sous les cartons, elle aussi interposée, une table à deux plateaux. Sur le plateau inférieur, que j’atteins après avoir vidé et déplacé les caisses de livres réservés pour la grande vente, un carton vide et ouvert. Un chaton noir et blanc essaie d’en sortir : c’est lui qui a miaulé et gratté. Je vais annoncer la nouvelle à A. Il a mon âge mais je sais qu’il aura comme moi, et comme des enfants que nous sommes restés, plaisir à voir ces petits de bête. Je lui dis : Tu veux être parrain ? Viens voir ! Je l’amène sur place et lui fais voir leur cachette. Mais rien ne bouge plus. Il faut que je tire le carton en le glissant pour voir à l’intérieur : ils sont quatre à dormir, déjà grands. Cela faisait sans doute déjà plusieurs semaines qu’ils sont nés et sont visiblement habitués aux bruits que je fais là.

Je finis de réorganiser l’endroit sans changer le carton de place, et remets en place les caisses qui le cachaient. En partant, je me demande si j’ai bien fait d’en parler à P. - en fait s’il ne fait pas partie de ceux qui éliminent raisonnablement les chats en trop.

(Samedi 17 mai 2008)