Le grand silence

Nous avons tous entendu que les voitures à vendre attendaient acquéreurs et que les entreprises automobiles, équipementiers et autres, ne songeaient qu’à se débarrasser de leur masse salariale inutile.

Nous sommes beaucoup à avoir goûté pendant la « flambée » des prix du pétrole au plaisir et à la tranquillité du train, à avoir oublié la fatigue et les dangers de la conduite automobile, la corvée du parking et les frais afférents.

Depuis des mois nous n’avons il nous semble jamais entendu évoquer une quelconque réorientation du système, comme si l’auto n’était pas une charge de ferraille qui nous pèse autant qu’elle nous sert.

Ici dans le nord, on a la chance de pouvoir, en tendant un peu l’oreille, écouter ce qui se dit aujourd’hui chez nos voisins flamands :

21/04/2009 (agence Belga)
810 km de lignes de tramway supplémentaires

La société de transports publics "De Lijn" a conçu un plan de grande envergure qui devrait mettre fin aux embouteillages : il s'agit de créer en Flandre des dizaines de nouvelles liaisons ferroviaires. La nouvelle est parue ce mardi dans Het Laatste Nieuws.

"De Lijn" présente ce plan à un congrès qui se tient à Louvain. Au total, ce sont dix-sept lignes de tramways rapides, seize nouvelles lignes de "trains légers" utilisant les voies existantes et neuf nouvelles lignes ferroviaires qui sont envisagées. Le ministre flamand de la mobilité Van Brempt (Sp.a) souhaite que le nouveau gouvernement flamand prenne dès maintenant une décision et que la réalisation commence.

L’article se termine naturellement sur le problème du coût, mais est-ce pire que de se désoler sur les licenciements nécessaires, que de prier pour le redémarrage de nos moteurs individuels. N’y a-t-il pas ici aussi à faire dans ce domaine, quelque chose à ajouter aux TGV dans la perspective enfin d’une réduction du la circulation et du transports automobiles. De tels projets seraient aussi porteurs d’emplois, même pas très différents, et autrement tournés vers l’avenir que l’attente religieuse de la voiture propre.

Nous nous trompons peut-être mais il nous semble que l’on n’entend ici, aussi bien dans les médias que dans le discours politique, et même après un scandale automobile qui dépasse de loin celui de l’amiante, que des sermons encourageant à croire au prochain miracle à explosion, pour ne pas parler du désastre des cultures vouées à la consommation machinique. Nous ne disons pas que les transports publics sont parfaitement sains ou saints, mais ils réduisent les nuisances en les collectivisant. Qui ne veut pas développer ces équipements? Ou y aurait-il des dogmes, des intérêts ou des privilèges à ménager à tout prix?