Sortir du nucléaire

Sortons aussi de la supposée logique de la croissance. Cette religion abuse de l'amalgame libéralisme-liberté et ne s'appuie en fait que sur le vieux postulat selon lequel le bien-être du grand nombre découle inévitablement de la richesse d'une minorité. Cette pensée unique ne tient la route que si l'état l'affiche en lieu et place des droits de l'homme. Dans la réalité, on observe que plus le gâteau grossit et plus les sociétés multinationales rechignent à en redistribuer les miettes, la main d’œuvre n'étant tolérée que dans la mesure où son travail contribue à le faire grossir. Dans le même temps tout développement purement économique au sens dominant repose de plus en plus non seulement sur ce mépris de l'humanité mais aussi sur celui de la vie elle-même, détruisant aussi bien les espèces animales et végétales que les flux terrestres et les techniques douces séculaires. Il est donc temps que l'état tant au niveau national que mondial, si tant est qu'il l'ait jamais tenue, reprenne sa place et assure un autre ordre.

Arrêtons donc d'essayer d'amadouer l'ennemi en parlant de croissance verte ou de développement durable, sachant que ces associations de mots incompatibles n'ont pour unique effet que d'être repris aussitôt créés par les forces qu'il faut combattre. Si les nouvelles grandes puissances ne coïncident plus avec aucun des états du monde, elles en tirent cependant tout le profit possible, et les systèmes politiques doivent désormais veiller à ne plus en être le camouflage servile. L'état digne de ce nom doit partir des besoins élémentaires des sociétés et prendre en considération les données terrestres, et les défendre contre les grands prédateurs. Qu'il favorise les objets durables, qu'il impose des limites aux développements spéculatifs, qu'il favorise l'emploi et le paiement de l'énergie humaine, voilà ce que nous aimerions entendre. Qu'il dise combien un homme peut-il valoir de plus qu'un autre. Une fois ? Vingt fois ? Mille fois ? Ou bien sommes-nous toujours dans la compétition ?

Pour finir, disons qu'au cours des derniers mois la voix d'Éva Joly nous a agréablement surpris et d'en entendre aucune bêtise nous a fait à nouveau regarder du côté des Verts. Nous aimerions qu'elle confirme ainsi le cap.

Texte écrit pour accompagner
la signature d'une pétition envoyée
par Sortir du nucléaire aux Verts et au PS