BLUEsky : le verso

















Télévision couleur
Photo retouchée

Reçu le 02/08/12 de Monsieuye Am Lepicq *: 
le recto (autre époque)



*Ceci n'était même pas prévu.

Positivez

Positivez qu’ils disent
Prenez les choses du bon côté
Vous voyez tout en noir
Ce n’est pas la réalité
C’est la conscience que vous en avez

Ils sont gentils
Avant c’était
Foncez
Ayez du courage
Soyez un homme
Nom d’un chien

Et le mollusque
De rouler sa bosse
De faire semblant
De grimacer comme un sourire
Une vie sans parole

jnp (2000-2005 ?)

Jacques Sternberg : La Banlieue

"Roman"
Bibliothèque excentrique
Marabout 1976

Couverture illustrée par Gourmelin

Sur Jacques Sternberg, lire dans
La Nouvelle Revue Moderne
du printemps 2007 (n° 19) :
Un bricoleur dans l'impossible
de Phil Fax,
Mon frère ce ludion
de Walter Lewino et la

bibliographie établie par
Éric Dejaeger.

Avis aux lecteurs : rien à voir avec les banlieues dernièrement médiatisées. Cette banlieue, mentale s'il en est, est malgré tout liée à une ancienne image de la ville, quasi effacée aujourd'hui, au même titre que celle du terrain vague. Je ne l'ai pas fait exprès, mais ce n'est pas un hasard si on arrive au nom de la maison d'édition d'Éric Losfeld dont je recevais les publicités dans les années soixante. Je me souviens , entre autres, de la couverture de Toi ma nuit, autre livre de Jacques Sternberg.

Pour dire aussi qu'il ne s'agit ici que de choses qui me sont passées par la tête, et non d'une étude. De l'ordre donc des connexions personnelles plus ou moins actuelles. À un moment donné, l'auteur ayant d'abord décrit cet univers parallèle comme une juxtaposition de cellules, chambres, bureaux et autres pièces qui ont pour particularité de disposer de portes s'ouvrant sur d'autres dont la destination est toujours imprévisible et de toujours servir de corridors, les gens de passage déstabilisant ainsi le lieu lui-même, le héros en vient cependant à considérer cet univers comme l'ombre du monde qu'il a quitté, pour ne pas dire le nôtre et sa supposée réalité. Il faut dire que les curieux banlieusards y semblent mimer la vraie vie, poussant simplement à la limite l'inutilité, l'inversibilité, la vacuité etc., de l'activité humaine, comme dégagés de toute implication logique ou économique, comme sur la piste d'un jeu de société où même la règle aurait été réduite à son son plus simple simulacre.

Il m'est alors venu l'idée d'appliquer la description à Internet et à ses blogs. Ne suis-je pas dans une case où tout le monde peut passer, ne puis-je pas y jouer tous les rôles sans que cela prête à conséquence? Ne me suffit-il pas de cliquer sur un bouton pour passer dans le blog à côté sans savoir ce que je vais y trouver? Ne sommes-nous pas seuls, même à l'instar des habitants du livre avec comme une lumière dans le regard? Ne sommes-nous pas de l'autre côté, ou au mieux laissés en plan? Ou bien était-ce déjà ainsi au temps du livre?

Si Jacques Sternberg retourne ensuite la problématique, cela n'arrange rien, bien au contraire.

Comme je le fais assez souvent, j'ai noté à la fin du livre des noms qui me venaient à l'esprit pendant la lecture. Là aussi mes connexions à moi, et d'intérêt souvent local; dans le cas présent : Mandiargues, Béalu, Delvaux (Paul et André), Chirico, Escher, Kafka, Robbe-Grillet, Sarraute. Et ce n'est que tout à l'heure que j'ai pensé à Vian : j'ai tapé "vian / pékin / autobus / désert" dans le moteur et je suis bien retombé où je voulais revenir. Henri écrit le 23 septembre 2004, à propos de L'automne à Pékin :

Étonnant récit de la vie en Exopotamie, un curieux désert où l’on arrive par l’autobus 975 (qui dessert la banlieue).

Citation sous Creative Commons

Son père

Son père avait ceci pour idéal : se retirer. Jamais il n’eut rien d’offrant. Il était prudent, très prudent, d’humeur égale et triste. Il s’effaçait parfois comme une tache. Il avait aussi de de ces énervements terribles, douloureux, et extrêmement rares comme en ont les éléphants lorsque, quittant une tranquillité qui leur a coûté des années de surveillance, ils s’abandonnent à la colère pour une bagatelle.

Henri Michaux, Plume, Gallimard nrf 1957, p. 109 (Histoire de A.)

Étretat Triomphe

C'était les vacances
(Roll over and click!)

C'est un désert

C’est un désert sans un mirage
C’est que la chair manque au récit
Le temps n’a pas redémarré
Carroll Lewis c’est des histoires

C’est un far-west sans un cow-boy
C’est que les hommes à noyau
N’ont pas passé l’Océan A
Quel cheval danse dans l’étable

Quel fou écrit dans la carrée
Fin de partie tout à la trappe
Romans-photos et abécés

Journal de bord dernière strophe
C’est un pardon sans le radeau
Elle a sombré l’île au trésor

jnp juillet 2007

Art postal : Déjà daté

Contributions
(Projet : ici)

Âm Lepiq sept. 1988; 1975; 1933; 1996; 1955
Anne-Hélène Davin 28 juillet 2007
Balu d'Art 29.4.42
BATTISTELLA ELISA 23-01-2007
BFM Saturday, September 21, 2002
BOMMEL MATHILDE 13 JUIN 2004
BroC 1er février 2006
Bruno Sourdin 17 AOUT 2007
buZ blurr 05.05.98
Catherine Pélabon DIMANCHE 1er JUILLET 2007
Clemente Padin 1928-1997
Christine Tarantino January 2002
Constantin Răducan ?
C. Rizzuto 25 JUN 07
Daniel DALIGAND 5 NOVE 1890
deb -7 12 85 ; 14-12 1998 ; 21.12.2005; 9-11 1965
Denis Charmot 17.07.07
Diane Bertrand 16 MAY 2007
Eberhard Janke 4.9.1999 – 9.1.2000
Ellipsisigh JANUARY 28, 1997
Élodie GUENIN Vendredi 26 janvier 2007
ERGON Juin/juillet 2004
Éric Bensidon 03-04-07 ; 12 mars 2007 ; 13 VI 2007
Éric Coraboeuf 1997, 1er mai 1928, April 24, 1937
Esteban Chantal le 6 Octobre 1862
Flora Răducan 30.06.07
Fraenz Frisch 29 -1 2007
Gastão de Magalhães Julho 1932
Gilia Montanella 20 aprile
Isabelle DERMIEN 10.03.93; 28.06.07
Isabelle Vannobel / number IV 7 septembre 1939 ; oct 2006-juin 2007; 16/06/2007; 13 VI 2005; 1945... 199; JEUDI 28 JUIN 2007; 10-07-2007
Johannes J. Musolf 5-8-08, 27.9.09., 8.3.21.; 1894 November 18; JUNE 16 th 1904; DONNERSTAG, 05. JULI 2007; 14.02.98; 18. & 19. Mai 2007

Jo.Anne Hill rare earth APR 15 1958
Jolien Meiberg 03-06-2007
Judith Skolnick 06/9/2007
Juliette Mouche-Moulin 16.04.07
Kat van Trollebol Samedi 25 Octobre 1902; 10 XI * 1941
LA POSTE 21809
4 -8-83; 25 7 69
lafeeclochette 30 mai 10 juin 2007
Lizsticks 27-12-06 ; 28-10-1962
Lorre Smith 52
Lothar Trott 15. September 2007
Lourdes Mondejar 08-FEBR-2007; JUEVES 13 DE JUNIO DE 1985
Mailarta May 1971
Marie-Bernadette Dupont 21-4-79
MART 1875
Maxi Boyd Friday, April 13, 2007
Mercury October 1951
Mete Sarabi 1886; December 1944 ; 1953; August, 1942; March 17, 1928
Miguel Jiménez 9 ABR 2007
Misses Ka. 04.07.07
Nadia Matteuzzi 25 06 07
Nicole Eippers 15 septembre 1984 ; Dimanche 21 janvier 2007 ; 3/18-VIII-1957 ; 21 avril 2007 ; VSD 28, 29 et 30 Avril 2007; 1930 3 MAI - 1 NOVEMBRE
Nocturnal Studio 20AUG2007
PARKER 9 06
Pascal Lenoir 31 JUL 2002
R.F. Côté le lundi 20 novembre 2006 ; JUL 1 1930 ; 2007-04-30 ; JUN 12 2007; 21 avril 1926; MERCREDI 18 JUILLET 2007, 27 Juil. 2007, 10-08-07
Renée Wagemans 02/03/2007
Roland Halbritter 1895; 4. Mai 1948; 1883; 20 - 3 2005; 13 10 06; 26; 1889; 13 X 16
Servane Morel 23-24 MAI 1992
SUMITA CHAUCHAN Sunday, June 3, 2007; SATURDAY, 21 JULY 2007
SUSLEE IBRAHIM 6 JUL 07
Sydney Tome 23/06/2007; Novembro 2006
Sylvie Gallet le 14/05/2007; 02/04/07; 30-03-07; 25 - 04 - 07
Thierry Nain 2006/2007
Timothy M. Siracusa January 2002
Valérie Céravolo 20-12 1994 ; le 02/10/2005 ; 03/06
Vincent Courtois 27/07
William Philyaw June 1957; JULY 1918
Wonderjane 1970

D'un côté le jardin

D’un côté le jardin : appel des plantes, coups de pouce et coups de freins, pichenettes en un rien résorbées par l’incontrôlable circulation des sèves, juste un temps à côté, saisonnier parallèle plus ou moins debout, plutôt courbé ou à genoux, puis sombrer pour toujours dans la terre rassurante.

D’un côté la folie : ce besoin, cette envie encore et toujours de repartir à contresens, de refaire le pas de trop, de s’atteler sans raison valable à une chimère naturellement rhabillée de nouveaux oripeaux, de quitter comme les bêtes de Marcel Aymé l’étroite étable des conditions natales, de franchir enfin le bleu du seuil, et quand bien même la porte battante, tel le leurre clignotant des néons forains, telle la buée significative des mots tirés au sort, ne serait qu’un saut de page.

Entre deux la fièvre et la fébrilité, l’abattement et l’inertie, le train sans arrêt. D’abord chercher, collectionner et accumuler les choses, faire remparts de cartons remplis, surtout boucher les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux. Dans la maison de La peur, écrire l’horreur qui malgré tout s’infiltre, les images polarisées qui déforment le rapport aux autres, les imaginaires débuts d’aventures, les histoires sans corps et les rêves mortifères. Faire des proclamations sans suite, tomber de haut et se réveiller vieux. Se saouler une dernière fois d’activités tous azimuts, affronter au-dehors le néant qui s’approche, aller jusqu’à tricher, jusqu’à faire semblant, jusqu’à se perdre dans un rôle ou un autre, jusqu’à soi-même se croire une fois intégré au groupe, enfin inaperçu, sans marque ni signe rédhibitoire, enfin branché sur le réseau, enfin compris dans le total.

Surtout fuir l’échéance : ni créer ni écrire, ni dessiner ni peindre. Dans la soupente du garage, la fenêtre de toit éclaire rarement l’installation magique. Un petit bureau en bois et une chaise en tube ont jusqu’ici exorcisé les démons intimes. Le lit voisin est incongru. Le monde est plein de pièges.

Une rivière dans la ville

entre passé...

vitesse obligatoire
pandémie automobile
cancérigènes rentables
béton des pauvres
croissance des portefeuilles
bon marché soi disant
camions jour et nuit
avions voleurs
abonnements en embuscades
promotions mon œil
hyper je m'y perds
arnaque du téléphone
terrorisme en petites lettres
additifs et émanations
économie intégriste
pesticides à retardement
objectif lune

...coule une rivière:

et avenir...

temps de rire
transports en commun séduisants
principe de précaution
vêtements durables
rémunération du travail manuel
limitation du produit financier
parkings à vélos gardés
voies fluviales et ferrées
coopération
prix nets
droit de répondre aux réclames
service communautaire
emballages taxés
eau et air pur à volonté
commerce humain
recherches en douceur
respect des sources

à Verviers
c'est la Vesdre

Contribution (légèrement remaniée) au projet d'art postal de
Bruno Colet pour l'association Vesdre Avenir à Verviers
(Belgique = Europe = Terre = chez nous)

Time Has Come

jnp 2006: quatre cartes envoyées en décembre

Nous ne nous

Nous ne nous sommes
Des photos des images
L'incompréhension
Les carcans qui tuent

Quelle planète
Quelle lumière
Quel est le fardeau
Le prix à payer

Est-il possible
De gommer ses pas
Où changer d'erreur

Dans le grand dégât
Du ne pas vouloir
Abandonné transi

jamais rencontrés
la folie solitaire
la peur du coupable
jusqu'au goût de vivre

que votre autre-là
passés les barreaux
la longueur de chaîne
du côté de l'homme

de rebrousser route
l'Y est loin
nul pardon ne persiste

du soir arrivÉ
se voir au déserT
à l'impossible étÉ

2005-2007, Jean-Noël Potte

A VOT[É]:

Marie-Ségonique SCHIKONET BOBU
(Roll over!)
Contribution de Lizsticks à mon projet d'art postal "Déjà daté".
Les vôtres seront les bienvenues : recyclez vos objets déjà datés pour le prix d'un timbre-poste!

Rousseurs












Boris Vian :

L'Écume des jours

Éditions J.-J. Pauvert,
achevé d'imprimer
le 29 décembre 1969

Quatre films

David Lynch fait partie des réalisateurs qui m’intéressent absolument : je suis prêt à voir tout ce qu’ils ont produit. Parfois je suis déçu par tel ou tel de leurs films. Ce fut le cas pour Inland Empire. Peut-être que j’attendais trop un autre Mulholland Drive. Mais mon intérêt pour l’auteur n’en a en rien été atteint. Il m’arrive aussi d’aller voir d’autres films : pour le genre ou pour une critique que j’ai lue – plus rarement pour un acteur ou une actrice, ou par curiosité.

C’est ainsi que j’ai vu Bug. J’ai pensé à un moment donné que son brio allait compenser le manque ressenti au spectacle précédent mais les choses se sont peu à peu gâchées. Peut-être l’aurais-je moins mal pris si j’avais su dès le départ que c’était un film d’horreur – mais je n’aime pas non plus trop en savoir d’avance. C’est de même que j’ai ensuite vu Anna M. : pas vraiment décidé. Comme dans le film précédent une technique et un jeu d’acteur irréprochables m’ont malgré tout tenu en haleine, pour m’amener décontenancé aux dernières images. Dans ces deux films, si réalisation et "histoire" correspondent parfaitement à ce qu’on est supposé attendre du cinéma : rythme, cohérence, intensité, c’en est trop pour ma part. Je me sens à la fin comme écrasé ou jeté à la rue.

Le quatre-quarts va pourtant lever. Jacques Rivette me fascine depuis Céline et Julie vont en bateau. Va savoir aura été à la hauteur, même à la télévision. Et si le dénouement tient de l’escamotage : "Qu’est-ce que vous êtes allés penser ? Tout va bien, entre nous !", il n’empêche que son train fantôme m’a mené de surprise en surprise deux heures et demie durant.

Résultat : mes fidélités n’ont pas changé. Je cherche à comprendre un rapprochement conjoncturel qui ne va pas de soi. Reprenons néanmoins les films un et quatre. Tous les deux recèlent une fiction enchâssée, non pas selon le mode du flash-back mais tissée dans le temps comme ces romans qui nous habitent ou qu’on croit écrire, et dont des bribes surgissent en plein quotidien. Est-ce sur le plan du travail, ou du style, qu’il faut alors opposer la légèreté partout évoquée de l’un à la désinvolture ici et là reprochée à l’autre ? La pesanteur narrative des films deux et trois a en fait relativisé ma déception initiale. Chacun à leur façon, trop ou pas assez, David Lynch et Jacques Rivette racontent en esquivant les pièges, approchant ou exposant le pire tout en laissant paraître la mise en scène foraine ou théâtrale, nous forçant à regarder en nous les intrigues et les drames dont ils ne nous ont pas délivrés.

Trop belle la chute. J’avais aussi pensé parler d’univers que j’ai plaisir à retrouver et trouve maintenant plus simple d’employer provisoirement le mot vocabulaires, d’aucuns y verront des tics ou des manies, moi non. Pacotille ou monnaie, leur valeur est peut-être ailleurs. Éclairages, tentures, personnages inquiétants pour l’un, chasse au trésor, ville fétiche et jeu d’équipe pour l’autre, l’amateur y retrouve son compte, voire s’y raccroche…

Quant aux acteurs, les ayant longtemps confondus avec l’image idéale qui les représente souvent, ou bien autrement enviés que les réalisateurs, l’intérêt que je leur porte est relativement récent. Ceux que j’aime ont les mêmes vertus que mes cinéastes préférés : mystérieux et ouverts, présents et ailleurs, et ont comme eux un grain : de folie bien sûr, jouée il importe, mais aussi au même titre qu’un papier ou une peau. Mon dernier béguin : Emmanuelle Devos. Ici, Jeanne Balibar a commencé à m’intriguer.